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Entités paysagères du parc

Boutières
Boutières
Boutières
Boutières
Boutières
Plateau de Vernoux
Plateau de Vernoux
Plateau de Vernoux
Plateau de Vernoux
Les Sucs
Haute Cévenne
Cévenne méridionale
Piémont cévenol
Carte du territoire

L’identité des Monts d’Ardèche repose sur des caractéristiques très fortes : paysages et économies de pente, savoir-faire ruraux, volcanisme, rivières, productions de myrtilles et de châtaignes, histoire religieuse, moulins et moulinages, terrasses, etc.

Comme les membres d’une même famille, le territoire du Parc affiche, entre les Boutières et les Cévennes, des visages différents mais néanmoins avec des traits communs.

La description de ces six entités paysagères est reprise d’après l’étude de l’agence « Paysage »

Les Sucs

 
Ces grands espaces ouverts sont ponctués d’évènements volcaniques. Les plateaux de lande et d’herbe sont dominés par le géant Mézenc et le célèbre Gerbier-de-Joncs.

Le relief du massif des Sucs se compose de deux nuances : à l’ouest et au pied du Mézenc, les hautes Boutières plus tourmentées, à l’est, le plateau, moins chahuté, autour du mont Gerbier-de-Jonc. Il est situé en limite du département, traversé par la ligne de partage des eaux Méditerranée-Atlantique. Le plus haut sommet, le Mézenc, s’élève à 1 753 mètres. Sa silhouette massive et trapue, forme un point de repère. Partagé entre deux départements et deux régions, il unit les deux versants du Velay (vers le Puy) et du Vivarais (sur le territoire du Parc).

Le socle métamorphique forme un plateau entre 1 000 et 1 300 mètres d’altitude. La pierre granitique transparaît par de nombreux éboulis raclés. Il est percé, ponctué d’évènements géologiques : sucs phonolithiques (s’élevant de 100 à 200 mètres au dessus du plateau), anciens cratères (comme le site artificiel de Saint-Martial), grand cirque… Ils forment un ensemble parfois considéré comme unique en Europe.

De ce château d’eau prennent naissance la Loire et des cours d’eau affluents de l’Eyrieux. Le nord-est du plateau est incisé de façon plus prononcée par les têtes de vallon, où sources et ruisseaux prennent peu à peu de l’importance entre deux versants encaissés, pour alimenter les vallées des Boutières : la Rimande, la Saliouse, l’Azette, l’Eysse, la Dorne.

Le plateau des Sucs forme une barrière bleue ponctuée par les Sucs, à l’ouest du territoire du Parc, perceptible tant depuis le col de Mézilhac, que de la RD 204 ou d’autres sommets des Boutières. Les silhouettes du Gerbier et du Mézenc sont très reconnaissables. Le panorama complet depuis le sommet du Mézenc est l’un des plus remarquables du Parc. Les attraits de son ascension pour le lever du soleil sur les Alpes sont appréciés depuis plus d’un siècle. La RD 410, en balcon du Mézenc, prolongée par la RD 378 vers le Gerbier, offre des vues superbes sur les Sucs. Ce pays des Sucs forme un carrefour biogéographique, entre influences atlantiques, méditerranéennes, continentales. Le climat est rude. Le plateau, souvent enneigé, est difficile d’accès. Jusqu’aux portes de l’été, y souffle « la burle », ce vent glacé de tempête. Les abbayes et chartreuses (Mazan, Bonnefoy) ont encouragé la mise en valeur de ces terres et ont constitué de grands territoires forestiers. Les forêts productives gérées par l’ONF, domaniales ou communales, sont héritières de ces domaines ecclésiastiques. Les plantations d’épicéas, dont un certain nombre atteint de maladies, et de sapins Douglas, ont rejoint la hêtraie mêlée de sapins et de pins sylvestres.

Si la race de vache spécifique au Mézenc a disparu, les Sucs ont gardé une forte tradition d’élevage dont le produit emblématique, le « fin gras » (ou « Bœuf de Pâques »), bénéficie d’une promotion active de la part de l’association des élus du Mézenc. L’activité principale reste l’élevage extensif de bovins, même si le pastoralisme ovin et caprin se développe. La déprise agricole est forte ; les pâturages se transforment en landes et sont peu à peu envahis par la friche. Les exploitations sont de taille moyenne (50 ha environ). Le système d’élevage extensif est complété par des activités traditionnelles de cueillette : myrtilles, champignons, plantes médicinales et aromatiques, etc.

Les villages et bon nombre de hameaux sont issus de la colonisation religieuse du plateau. Les communes ont des territoires vastes, entre 1 000 et 3 500 hectares. Aucune n’a plus de 500 habitants. La densité de population est très faible, souvent inférieure à 10 habitants/ km carré. Les conditions difficiles de la montagne ont forgé des hommes, « les Padgels », qui vivent sur ces hauteurs, dans des villages, des petits hameaux ou des fermes isolées dans la montagne. Les villages, situés autour de 1 000 mètres (1 409 mètres pour Lachamp-Raphaël), sont protégés par un creux, en fond de vallée (Le Chambon) ou au pied d’une butte rocheuse (Borée). Le tissu urbain est lâche : la place centrale accueillait le marché aux bovins.

Les routes qui parcourent la montagne, sans parapet, sont bordées de talus enherbés ou de murets de soutènement de faible hauteur. De grandes lignes droites dégagent des vues sur l’horizon.

Quelques éléments caractéristiques ou remarquables

- Des fermes massives, à un ou deux niveaux, émergent à peine du sol. Le corps principal, un seul long volume, est calé sur un « arcas », un porche fermé protégeant l’entrée. Les murs sont en pierres jointes de granit ou de basalte. Les ouvertures sont petites, verticales, encadrées de pierres de taille. Le toit, qui descend bas, est couvert de genêt brun (il forme alors des angles aigus) ou de lauzes de phonolithe gris bleuté (les pentes sont alors plus douces). Une croix ou une boule de pierre orne l’extrémité du faîte de toiture et protège l’habitation.
- Entre grandes forêts et espaces ouverts, le végétal prend de l’importance : hêtres isolés sur le plateau, aux formes torturées reflétant les rigueurs du vent et du froid, merisiers, sorbiers et érables sycomore, regroupés en bosquets, près des fermes, lignes de frênes ou de noisetiers en tête de vallon, brisant le vent et fixant les congères.
- Des sites forts sont nés des forces géologiques (sucs, cirques,…) ou des pratiques religieuses (comme la Chartreuse de Bonnefoy et son écrin de hêtres).

Principaux enjeux paysagers des Sucs

- La déprise forte est consécutive à un vieillissement rapide et général de la population, notamment agricole, et à un blocage foncier nécessitant une animation. L’espace se ferme, plus fortement dans la partie sud où les surfaces fauchées sont réduites.
- Les forêts domaniales sont anciennes et certaines essences (épicéas…) subissent des attaques sanitaires.
- L’espace se mite de plantations en timbre poste de sapins ou d’épicéas qui constituent, sur de petites parcelles, une valorisation ponctuelle peu réfléchie de terres abandonnées.
- Les constructions, rares sur ces hauteurs, forment un patrimoine d’autant plus précieux. Il a fait l’objet d’inventaires et de restaurations.
- Les routes, soumises aux rigueurs du climat, sont très perceptibles ; les interventions ou réaménagements doivent respecter leur bonne insertion : bordures enherbées, murets de soutènement ou, plus rarement, lauzes dressées.

 

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