Aller au contenu | Aller au menu principal | Aller aux liens divers | Aller à la recherche

Entités paysagères du parc

Boutières
Boutières
Boutières
Boutières
Boutières
Plateau de Vernoux
Plateau de Vernoux
Plateau de Vernoux
Plateau de Vernoux
Les Sucs
Haute Cévenne
Cévenne méridionale
Piémont cévenol
Carte du territoire

L’identité des Monts d’Ardèche repose sur des caractéristiques très fortes : paysages et économies de pente, savoir-faire ruraux, volcanisme, rivières, productions de myrtilles et de châtaignes, histoire religieuse, moulins et moulinages, terrasses, etc.

Comme les membres d’une même famille, le territoire du Parc affiche, entre les Boutières et les Cévennes, des visages différents mais néanmoins avec des traits communs.

La description de ces six entités paysagères est reprise d’après l’étude de l’agence « Paysage »

Haute Cévenne

 
Dans ces vallées profondes aux crêtes étroites, la qualité et les usages de l’eau, et les formes de présence du volcanisme modèlent les caractéristiques du paysage.

Les dénivelés sont importants et peuvent atteindre 800 mètres. Les pentes sont fortes, les crêtes aiguës et étroites. L’Ardèche et ses affluents (Lignon, Fontaulière, Bourges, Bezorgues, Volane, Sandron, Oize, Boulogne), à la pente rapide et au cours torrentiel, dévalent du plateau qu’ils échancrent fortement, ou de l’échine reliant le col de Mézilhac à celui de l’Escrinet. Les vallées déployées en éventail orientées de l’ouest/est au nord/sud convergent vers Aubenas.

La base métamorphique (granit et gneiss) est bouleversée par des évènements volcaniques témoignant d’une histoire géologique chahutée : de nombreux sucs qui ponctuent les crêtes, des cratères d’anciens volcans (Gravenne de Montpezat, coupes de Jaujac ou d’Aizac), des coulées basaltiques ayant comblé le fond des vallées. Les rivières s’y sont enfoncées entre deux parois de prismes de basalte, dessinant des orgues aux facettes hexagonales. De part et d’autre de cette entaille, une plate-forme fertile s’est formée.

Le cours amont des rivières est resté sauvage ; il se rétrécit parfois en gorges (la Volane). Les cours en aval ont été fortement artificialisés pour alimenter des moulinages et des usines. L’activité minière (houille, charbon) était très présente. Les sources minérales ou ferrugineuses sont nombreuses. Certaines, reconnues depuis le XVIIe siècle, ont favorisé le développement d’établissements de cure et de thermalisme (Vals-les-Bains et Neyrac-les-Bains).

La végétation bénéficie de remontées méditerranéennes dans les vallées, plus importantes sur les adrets. En remontant les vallées, les boisements de chênes et de pins cèdent place au hêtre et à l’épicéa. Des lignes de frênes élevés marquent les talwegs, en amont des cours d’eau ; plus bas, ceux-ci sont bordés de peupliers, de saules et d’aulnes.

Les grands versants aménagés en terrasses et plantés de châtaigneraies sont peu à peu gagnés par la friche. Des clairières de cultures subsistent sur les pentes, les striant des lignes des murets de soutènement. Les replats en fonds de vallée, d’origine volcanique, ont des sols riches et sont propices aux cultures et aux vergers. Les villages médiévaux sont perchés, en position défensive dominant les vallées. L’habitat est très dispersé, en hameaux ou lieux-dits. Les activités industrielles du XIXe liées aux cours d’eau, et les spécificités du relief offrant des replats étroits, ont développé un urbanisme en fond de vallée (Lalevade d’Ardèche, Thueyts, hameau de Champagne à Montpezat) étiré en longueur le long des voies de passage. La population des communes dépasse rarement 500 habitants, sauf pour celles qui bénéficient de la proximité d’Aubenas.

Deux voies importantes traversent cette entité depuis Aubenas : la route nationale dans la vallée de l’Ardèche et la RD 578 reliant Aubenas et les sucs. Les routes empruntent les fonds de vallées, puis passent en corniche. Un réseau dense de voies relie les villages et hameaux perchés dans la pente. Les cols reliant une vallée à l’autre sont rares ; les routes remontent jusqu’au plateau pour permettre aux vallées de communiquer.

Quelques éléments caractéristiques ou remarquables

- L’eau des torrents jaillit parfois en cascades. La plus remarquable est celle du Ray-Pic.
- De nombreux ouvrages d’art de qualité ponctuent le tracé des voies : ponts, dalots, murets de soutènement.
- Châteaux et tours veillent sur les vallées depuis leur position perchée.
- Le platane est l’arbre domestique : ornant les parcs des usines, bordant les routes et les espaces publics. L’ensemble le plus remarquable est le double alignement marquant les entrées et la traversée de Thueyts le long de la route nationale 102.
- Les usines (scierie, industrie d’extraction) et les moulinages pour la soie, ont utilisé l’énergie hydraulique pour leurs activités. Les cours d’eau ont été aménagés en conséquence : barrage et seuils, canaux d’amenée d’eau pour alimenter les roues puis les turbines. Il en reste de beaux bâtiments, constituant un patrimoine bâti industriel exceptionnel, et des prises d’eau qui peuvent aujourd’hui alimenter aussi des potagers.
- Un réseau dense de canaux et rigoles, les béalières, amène l’eau depuis une prise sur un cours d’eau pour irriguer par gravité les prairies et les châtaigneraies. Leurs rides strient les versants.
- Les évènements géologiques marquent le paysage : la silhouette caractéristique des sucs se détache sur les lignes des crêtes. La forme trapue de la Gravenne de Montpezat révèle un ancien volcan.

Principaux enjeux paysagers de la Haute Cévenne

- De par l’importance de l’axe de la vallée de l’Ardèche et l’influence du pôle d’Aubenas, les habitations individuelles se sont multipliées sur les replats basaltiques, sans souci de l’économie d’espace et du paysage urbain créé.
- Les constructions nouvelles ont un impact paysager immédiat si leur implantation n’est pas adaptée à la pente.
- Les travaux de rectification ou d’élargissement des routes se font parfois en remblais, au détriment des rivières et de l’insertion paysagère des voies.
- Les abords des voies, notamment des axes principaux, sont particulièrement à soigner.
- Les traversées routières des bourgs sont sensibles à l’accumulation de panneaux publicitaires et de signalétique (voir chapitre correspondant).
- Les extensions en fond de vallée se font souvent au détriment de l’intégrité du lit de la rivière.

 

 Retour á la page précédente  Haut de page

Imprimer