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Entités paysagères du parc

Boutières
Boutières
Boutières
Boutières
Boutières
Plateau de Vernoux
Plateau de Vernoux
Plateau de Vernoux
Plateau de Vernoux
Les Sucs
Haute Cévenne
Cévenne méridionale
Piémont cévenol
Carte du territoire

L’identité des Monts d’Ardèche repose sur des caractéristiques très fortes : paysages et économies de pente, savoir-faire ruraux, volcanisme, rivières, productions de myrtilles et de châtaignes, histoire religieuse, moulins et moulinages, terrasses, etc.

Comme les membres d’une même famille, le territoire du Parc affiche, entre les Boutières et les Cévennes, des visages différents mais néanmoins avec des traits communs.

La description de ces six entités paysagères est reprise d’après l’étude de l’agence « Paysage »

Cévenne méridionale

 
Les serres cévenols descendent à la rencontre de la Méditerranée. Le châtaignier qui couvre les pentes fait le lien entre chênes verts et hêtres, oliviers et épicéas. Les rares hameaux dispersés, arc-boutés sur leur socle de terrasses, dominent la vallée encaissée dont les versants de schiste sont ravinés de torrents impétueux.

C’est le domaine de la pente. Les vallées principales (celles de la Borne prolongée par le Chassezac, de la Drobie et de la Beaume) prennent naissance sur le plateau ardéchois dont elles échancrent le rebord. Le basculement est rapide. Les dénivelés entre crêtes et fonds des vallées augmentent rapidement. La pente en long est comprise entre 2 % et 4 %. Les rivières s’enfoncent dans d’étroites vallées en V. Les serres ont une orientation nord-ouest/sud-est. Leurs versants sont plissés par les torrents qui ont raviné et creusé les pentes. Les massifs principaux sont entaillés par des affluents, comme la Thines, qui forment des crêtes et des vallons secondaires.

Les limites de cette entité sont nettes au nord : la crête du Tanargue, et à l’ouest : la faille de la vallée de la Borne et du Chassezac que suit la limite départementale. L’entité se prolonge au-delà du Chassezac vers l’enclave cévenole de Brahic (Les Vans) et Malbosc. La limite à l’est est plus progressive, marquée par un adoucissement du relief, un changement géologique et une densité humaine plus importante.

En haut des vallées, le paysage bascule : passé le col, commence le plateau autour de 1 200 mètres qui offre de grands espaces ouverts à l’élevage bovin et des forêts domaniales d’épicéas ou de hêtres. La roche est ici de granit ou de gneiss. Les landes, soumises au brûlis, découpent géométriquement les pentes plus douces en reflétant le parcellaire. Par le passé, les contacts étaient fréquents avec les vallées : les communications passaient par le plateau, malgré la rudesse du climat. Les villages rassemblent un habitat rare près des carrefours de voies.

La roche schisteuse est de teinte rousse, sombre mais chaude. Elle se délite en plaques qui se retrouvent dans les soutènements routiers ou les murs des habitations. Elle apparaît à nu dans les thalwegs ravinés par l’eau, ou affleure dans les versants.

Le cours des rivières est resté naturel. Seul le fil du Chassezac est interrompu de barrages électriques. L’eau joue avec la roche dont les strates sont à nu. Le lit s’enfonce parfois dans des gorges minérales, des cascades en rythment le cours.

Au niveau des cols et des corniches du plateau, des panoramas permettent des vues plongeantes sur les vallées. La tour de Brison offre un point de vue remontant dans l’axe de la vallée de la Beaume. Depuis la corniche vivaraise, le regard plonge vers la vallée de la Thines ou l’amont de la Drobie près de Sablières. La végétation bénéficie de remontées climatiques méditerranéennes dans les vallées, plus importantes sur les adrets. Les maquis de chênes verts, la culture de l’olivier et de la vigne cèdent la place vers l’amont au pin sylvestre et au châtaignier. Le frêne accompagne l’amont des rivières. Au-dessus de 800 mètres, le châtaignier se raréfie, remplacé par le hêtre et l’épicéa, puis par la lande à genêts.

L’étroitesse des fonds de vallée et l’omniprésence des pentes ont contraint à conquérir sur les versants les terres cultivables. Il a fallu maîtriser l’eau des précipitations violentes, édifier des murailles de soutènement, créer des sols propices aux cultures. Une bonne exposition permet la remontée sur terrasses de l’olivier et de la vigne. L’absence de céréales a favorisé les châtaigniers : leurs lignes de vergers couvrent toujours des versants entiers sur l’ubac ; les enclaves en terrasses dominent les hameaux sur l’adret. De petits troupeaux d’ovins les parcourent, maintenant un sous-bois ouvert.

Les communes, souvent issues d’un regroupement, sont de grande taille (plus de 1 500 hectares) mais comptent peu d’habitants (entre 50 et 400 permanents). L’habitat est dispersé en de nombreux hameaux, perchés dans la pente sur un socle de terrasses. Ils se situent sur l’adret, au-dessus des rivières ou de leurs affluents, plus rarement sur des replats bien exposés de l’ubac. Ils restent souvent invisibles depuis les axes principaux. Leur silhouette est compacte.

Les voies principales passent en bas de pente sur l’adret. Les vallées ne communiquent pas entre elles. Il faut les remonter jusqu’à leur extrémité et passer sur le plateau, ou les descendre jusqu’aux collines du piémont pour passer de l’une à l’autre. Les routes étroites et sinueuses sont insérées dans le versant entre rocher et murs de soutènement de schiste.

Quelques éléments caractéristiques ou remarquables

- Le bâti vernaculaire, particulièrement intéressant, est constitué de grands volumes verticaux, accrochés à la pente par plusieurs niveaux de terrasses. Cette volumétrie se complexifie parfois par un accolement hiérarchisé de volumes simples. Le faîtage du toit est le plus souvent parallèle aux courbes de niveau, offrant ainsi une façade en longueur à l’aval. La pierre de schiste rouge se retrouve dans les murs des constructions. Les chaînes d’angle, l’encadrement des ouvertures ou les bandeaux décorant les façades sont en grès ou en granit, d’une tonalité plus claire. Les toitures traditionnelles sont de lauzes de schiste ou micaschiste. Mais elles tendent à être remplacées par des tuiles romanes ou des tuiles mécaniques. – Dans ces vallées escarpées, le tracé des routes a donné lieu à des prouesses d’adaptation, nous livrant ainsi un patrimoine d’ouvrages, grands ou modestes, particulièrement riche : ponts, soutènements de pierre sèche, dalots, parapets… témoignent d’un souci du détail étonnant. Des murs de soutènement à pierres sur champ ralentissent l’eau en amont. L’emploi du matériau extrait sur place fait que ces ouvrages prolongent les lignes de force du paysage : affleurement rocheux, terrasses… – Dans les vallées les plus étroites, les fonds s’élargissent parfois. Des cultures de jardins potagers ou vergers y ont été installées. – Le mûrier, autrefois source de richesse mais aujourd’hui abandonné, se fait rare.
- Ces rivières sont restées sauvages, peu interrompues de barrages ou de retenues ; des prises d’eau et des béals de pierre alimentaient néanmoins des moulins à huile ou à farine. – Les anciennes mines de plomb argentifère ou d’antimoine sont désaffectées. – L’usage antique des sources minérales s’est développé à la station thermale de St-Laurent-les-Bains.

Principaux enjeux paysagers de la Cévenne méridionale

- Les châtaigneraies, de moins en moins entretenues et touchées par les maladies, sont progressivement envahies par les résineux. Les branches mortes ressortent du couvert végétal.
- La force de la silhouette de l’habitat perché repose sur le socle de terrasses. Leur enfrichement brouille la perception du hameau.
- Les nouvelles constructions sont rares, mais leur perception sur un versant est immédiate si les caractéristiques du bâti ne sont pas respectées : volumétrie, inclusion dans la pente, teinte des murs.
- Dans la traversée d’une vallée sauvage, la perception principale de l’intervention humaine est celle de la route et du traitement de ses abords. La qualité des interventions sur ces voies repose sur le maintien des soutènements et l’attention portée aux matériaux : le schiste est à privilégier.

 

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